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Grammaire bocagère, Règles urbaines


2004

2024
2014
Porte de Rezé
Quelle réserve d’urbanité constitue le bocage?

En soi le bocage n’a que très peu de raisons d’être aujourd’hui : après tout « le bocage ne constitue qu’un moment de l’occupation du sol » pour Annie Antoine dans son article Le bocage : un paysage inutile?, paru dans la revue 303. Néanmoins 4 principes peuvent nous guider en terme de projet urbain:

Mixité d’occupation des sols Sa formation provient de la nécessité de faire coexister deux activités agricoles distinctes, l’élevage bovin, et la polyculture, occupant successivement les mêmes espaces. production de bois de chauffage et fruitière.
Maîtrise des éléments Fonction de drainage, d’épurateur, de brise-vent, et d’anti- érosion
Limite épaisse Dès lors variation de densité du maillage, de lâche à serré jouant elle même sur l’épaisseur propre de la haie composée de 3 strates : arborescente- arbustive- herbacée permettant une vaste gamme de perméabilité entre public et privé. Articulation de l’ouvert et du fermé.
Accessibilité publique A l’échelle du territoire le bocage intègre un réseau de chemins creux reliant l’habitat dispersé caractéristique de ce paysage, ces chemins étaient avant le remembrement de propriété publique comportant des extensions sous forme de droit de passage (servitudes et tolérances) sur les parcelles privées.

Parc départemental du Sausset, Seine-Saint-Denis (93), Michel Corajoud paysagiste . La forêt est mise en œuvre par la plantation de très jeunes plants en haute densité, ce qui permet de geler à court terme (faible coût, simplicité) les terrains afin de les réserver pour le parc.

Parti de l’idée de générer une gestion et un entretien communs des espaces verts (enjeux de la nature en ville) lors de l’esquisse, l’avant projet a dégager un processus de délimitation/négociation des limites privées/publiques par un maillage bocager réalisés au moyen de Pépinières en mouvement s’inscrivant dans la dynamique des terrains laissés en friches comme réserves foncières.

Le passage au projet à redéfini le processus de maillage du territoire. Le bocage n’est plus le résidus des pépinières, mais est délibérément plantés afin d’établir une hiérarchie urbaine. Les pépinières se concentrent alors sur les délaissés du périphérique.

Friche et bocage sont envisagés par le projet non plus comme signes et traces de la ruralité disparue, mais comme des éléments d’une grammaire urbaine, des outils d’urbanisme générant leurs propres règles.
 
 
Enjeu fonctionnel :
Hiérarchiser, structurer, et entretenir le territoire dans le temps- Sédimentation
Enjeu social :
Mise en œuvre et entretien du « bocage urbain » par une négociation contextuelle portant sur les limites public/privé- Régulation
Enjeu sensible :
Offrir une richesse de configurations de la nature en ville à travers le motif du bocage - Amplification
Résidu bocager, parc d'entretreprises de la Bauche Thiraud
Rezé
Bocage rural sur la route de Pont Saint Martin, au sud du périphérique

Bibliographie
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« Le bocage : un paysage inutile? », article de Annie Antoine, paru dans la revue 303, n° LVI, janvier- février- mars 1998.
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« Le saccage du bocage », article de Jean Loup Trassard, paru dans la revue 303, n° XXXV, octobre- novembre- décembre 1995.
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« La tentation du paysage », Jean Paul Curnier, éditions Sens&Tonka, collection essai 10/Vingt, Paris, 2000.
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« Le jardin en mouvement », Gilles Clément, éditions Sens&Tonka, 4ème édition, Paris, 2001.

Crédits Images :


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« Michel Corajoud », Hartmann éditions, Ecole Nationale Supérieure du Paysage, Paris, 2000.